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La mondialisation et les risques pour la sécurité des aliments

 

Comme les États-Unis continuent d’importer de plus en plus ses aliments des pays en voie de développement, nous sommes face à un risque plus élevé de maladies d’origine alimentaire, car le plus grand nombre de ces pays n’ont pas les mêmes normes sanitaires pour la production, en particulier dans le cas des fruits de mer et des produits frais, ont déclarés des scientifiques lundi 23 mai 2011 à la Nouvelle Orléans.

« Environ 15 pour cent des aliments consommés aux États-Unis en 2006 ont été importés. Les pratiques d’hygiène pour la production alimentaire ne sont pas universellement équivalentes à travers le monde. L’importation d’aliments peut déplacer des maladies de zones où elles sont autochtones à des lieux où elles sont rares ou elles n’existent pas », a dit Michael Doyle de l’Université de Géorgie.
 
« La réalité est que nous allons continuer à importer encore plus d’aliments en grande partie parce que le coût du travail dans les pays en voie de développement sont beaucoup plus bas qu’il ne l’est ici. Nous allons voir plus d’aliments en provenance de pays en voie de développement qui ont souvent des normes moins élevées pour produire des aliments », explique Doyle.
 
En 2010, plus de 80% des poissons et des fruits de mer consommés aux États-Unis ont été importés et en grande partie venant d’Asie. Les eaux usées domestiques et/ou les effluents d’élevage sont fréquemment utilisés en pisciculture dans de nombreux pays d’Asie. En Thaïlande, les poulaillers (ont jusqu’à 20 000 poulets par exploitation) sont alignés au-dessus d’étangs qui contiennent des crevettes et des poissons qui se nourrissent des déchets qui tombe d’en haut.
 
En Chine, les cultures et les produits de la mer se font généralement sur de petites parcelles où les agriculteurs essaient de produire le plus possible. Pour ce faire, des quantités excessives de pesticides sont utilisées pour produire ainsi que le recours aux antibiotiques pour les poissons et les crevettes. Beaucoup de ces composés ne sont pas approuvés aux États-Unis. Les déchets humains non traités et les déjections animales sont souvent utilisés pour traiter les sols ou les bassins d’aquaculture.
 
Sans surprise, les contaminants présents dans les aliments importés sont principalement d’origine fécale. Plus d’un quart de toutes les importations de fruits de mer contaminés bloquées par la Food and Drug Administration (FDA) en 2001 étaient contaminées par Salmonella. Plus de la moitié de ces violations concernaient la crevette.
 
 Doyle a averti que les consommateurs ne devraient pas agir de façon précipitée et commencer à éviter les aliments provenant de certains pays. Beaucoup d’entreprises américaines importent des aliments et produisent dans ces pays et elles peuvent vérifier que l’aliment a été produit avec des conditions sanitaires strictes. « Ce n’est pas parce qu’il vient d’un pays particulier que cela signifie qu’il est mauvais », explique Doyle.
 
Une partie du problème est qu’il y a tellement de produits qui entrent dans le pays que le gouvernement ne peut pas tout inspecter. La FDA inspecte physiquement moins d’un pour cent de plus de 10 millions produits importés par an. Mais la responsabilité ne devrait pas être entièrement sur le gouvernement, dit Doyle.
 
« Il incombe aux transformateurs alimentaires d’assurer que les ingrédients ou les produits qu’ils importent soient produits avec des bonnes pratiques sanitaires. C’est l’industrie qui est responsable de la production d’aliments sûrs. Il incombe au gouvernement de vérifier qu’ils fournissent des aliments sûrs », explique Doyle.
 
Comme en écho à ce que se disait à la Nouvelle Orléans, l’OIE expliquait dans un communiqué du 23 mai 2011, « Les vétérinaires jouent un rôle clé à tous les stades de la chaîne alimentaire, à savoir la production, la transformation, le transport et la distribution des produits d’origine animale dans de bonnes conditions de sécurité sanitaire, mais le faible nombre de praticiens vétérinaires tant dans le secteur privé que public dans de nombreux pays représente, à l’échelle mondiale, un obstacle important pour la production animale et la sécurité sanitaire des aliments au niveau mondial. »
 
Ce qui ne fait que renforcer l’importance de contrôles à réception systématiques et formalisés.

 

Source : http://amgar.blog.processalimentaire.com